Chrononutrition

C’est l’art d’adapter son alimentation à son horloge biologique. La chrononutrition : c’est manger le bon aliment au bon moment et dans la bonne quantité. De là découle le principe de s’alimenter en fonction de note rythme biologique, pour une meilleure hygiène, une meilleure forme, une meilleure santé, voire une perte de poids… Il ne s’agit pas d’un régime mais d’une intelligence de la nutrition dont découle une manière de vivre différente en accord avec les biorythmes.

Nous allons donc composer nos menus en tenant compte des horaires des cellules, de la valeur nutritionnelle des aliments et de leur « stockabilité ». Ainsi le matin, la cellule a besoin d’énergie et est disposée à déstocker plus facilement, le soir, en revanche, elle se met en mode économie. On peut donc adapter les menus en respectant cette horloge.

Le matin

Les sucres rapides sont à bannir. Contrairement aux sucres lents, le matin et le midi les sucres rapides sont stockés. On grossit en mangeant des sucres rapides à ces moments là ( confiture, miel, pâtisseries, viennoiseries, biscottes, jus de fruits, pain de mie, pain blanc, sucre dans le café ou le thé … Le pancréas très réactif le matin, s’épuise lors d’une ingestion de sucre rapide en sécrétant un maximum d’insuline pour gérer le sucre en excès dans le sang. Ce type d’alimentation malheureusement courant mène vers un état diabétique, de plus en plus tôt, fléau actuel de notre civilisation. De plus vous ferez une hypoglycémie réactionnelle vers 11 h car vous aurez faim. Le matin le fonctionnement de notre métabolisme est aussi caractérisé par une forte sécrétion d’enzymes métabolisant les graisses les protéines.

Le petit déjeuner doit être le repas essentiel de la journée. C’est lui qui va conditionner toute la journée. Il va falloir apporter à l’organisme les aliments les plus nourrissant possible sous la forme la plus dense possible. Le petit déjeuner devra contenir des lipides, des protéines et sucres lents : beurre, purée d’amandes ou noisettes, fromage, œuf, charcuterie, pain demi-complet ou complet, céréales complètes.
Le matin, il y a une fabrication endogène (fabriqué par le corps) de cholestérol nécessaire aux synthèses hormonales. Si on apporte suffisamment de lipides le matin, cela fera baisser la production de cholestérol endogène, car le corps utilisera le cholestérol apporté par les aliments riches en lipides. Avec cette alimentation, le taux de cholestérol diminue avec en corollaire une diminution des facteurs de risques cardiovasculaires.
On déjeune donc dès le réveil ou juste après une séance de sport et non 1 ou 2 heures après, avec un menu hautement nutritif. Si la pause entre le petit déjeuner et le déjeuner dépasse 5h, il y a la possibilité de prendre un fruit 1h avant le repas de midi.

Le midi

Au niveau métabolique, en milieu de journée, il y a une forte sécrétion de protéases et amylases, le corps stocke des réserves protéiniques. Le déjeuner permet en plein milieu de la journée de recharger les batteries « il ne faut en aucun cas négliger ce repas et encore moins le sauter, au risque d’être obligé de manger beaucoup trop le soir pour compenser. Au déjeuner, il faut prendre des protéines animales (viande, poisson ou œufs) des sucres lents (céréales demi-complètes ou complètes) et des fibres (légumes). Le déjeuner se prends 4 h après le petit déjeuner, soit quand l’appétit est revenu et pas avant.

Le goûter

Le petit plaisir sucre coupe faim, glucides énergétiques et gras végétaux. Au niveau métabolique en fin d’après midi, il y a apparition d’un pic insulinique faible, permettant l’utilisation des sucres rapides, pour éviter le déstockage des protéines et compenser la fatigue liée au fonctionnement des organes. Le goûter sert à relaxer l’organisme, c’est une pause plaisir. Il doit servir à éviter un dîner trop important. Il convient de le prendre 4 h après le repas de midi, il pourra être constitué de fruits séchés, compote, jus de fruits, chocolat noir à 70 %, amandes, noix, noisettes (non grillées).

Le soir

Au niveau métabolique, il n’y a plus de sécrétion digestive, c’est une période de restructuration cellulaire. Le repas du soir doit être léger, c’est le moment des fibres (légumes, salades, fruits), et des acides gras polyinsaturés : poisson gras (sardines, maquereaux, saumon, flétan hareng, anchois, morue). Avec des salades assaisonnées d’huiles riches en acides gras poly insaturés (colza noix). En effet le soir l’organisme n’est plus en mesure de métaboliser des apports nutritifs trop important, conséquence fâcheuse pour la silhouette puisque tout ce qui n’est pas métabolisé est stocké.

Le dîner doit donc contenir des protéines légères (poisson, fruits de mer, volaille, viande maigre), légumes verts, fruits crus ou cuits, il doit être pris au minimum 2 h après le goûter. Si on n’a pas faim il peut être sauté c’est un repas facultatif.

Faire du sport

Pour avoir une bonne hygiène de vie il faut aussi bouger : il vaut mieux bouger aux heures où la cellule déstockera de façon optimale. On va donc éviter de bouger quand les taux d’insuline sont élevés soit après un repas, l’exercice entravera le processus de digestion et sera peu rentable. Il faut au contraire choisir les heures où les substances qui favorisent le stockage sont au top.
Ainsi le pic de cortisol, hormone qui nous réveille le matin qui stimule l’activité, se situe entre 7 h et 8h. C’est également l’heure où l’adrénaline et la noradrénaline, « hormone stress » sont augmentées.C’est donc le matin avant le petit déjeuner que l’exercice sera le plus profitable. Ou encore en fin de matinée avant le déjeuner ou encore le soir vers 18h/19h avant un dîner léger.

Il s’agit de remettre « les pendules » à l’heure et de revenir aux rythmes naturels de tout organisme vivant. Nous travaillons, pour la plupart d’entre nous, pendant la journée et nous nous reposons pendant la nuit, pourquoi faudrait il mettre du carburant dans une voiture qui ne roule pas (le soir) et partir faire de la route sans faire le plein (le matin) ? Un dicton populaire nous rappelle que ces notions étaient connues depuis longtemps : « petit déjeuner de roi, déjeuner de prince, dîner de pauvre ». Dans l’idéal, le petit déjeuner devrait être le repas le plus important de la journée, suivi du déjeuner de midi, le repas du soir le plus léger, afin de permettre au tube digestif de se mettre au repos et à l’organisme de procéder à l’élimination des toxines.
C’est une clé du rééquilibrage alimentaire et le simple fait d’introduire ces nouveaux rythmes peut améliorer notre état général. Ainsi le sommeil est de meilleur qualité et plus réparateur, l’énergie de la journée plus grande et les fonctions digestives plus performantes, il suffit d’essayer !

Françoise Treilhou  Naturopathe  D U Nutrition

P.S : les enfants, les femmes enceintes, les personnes qui ont un travail physique, les grands sportifs ou les personnes qui n’ont aucun problème de poids, peuvent ajouter un peu de glucides lents le soir, sous forme de céréale demi-complète (riz, pâte, quinoa…), ou amidon (pomme de terre, patates douces, châtaignes…).