Aloès – Aloe vera

Plus de 300 espèces ont été identifiées mais seulement quelques unes sont médicinales.
On doit d’ailleurs à l’un de nos ethnopharmacologues, Jacques Fleurentin, la découverte d’une nouvelle espèce d’aloès : Aloe Fleurentinorum

L’espèce qui nous intéresse est l’Aloe vera ou barbadensis employé en pharmacie, diététique, cosmétologie et aujourd’hui utilisé en gel frais ou jus.

Description botanique

Grande plante épineuse à feuilles épaisses et charnues pouvant at teindre 50 cm de haut. Les fleurs sont jaunes orangées. Les feuilles des sujets jeunes sont ponctuées de petites tâches blanches qui disparaissent sous l’effet du soleil et à mesure que la plante vieillit. Cette plante appartient à la famille des liliacées.

L’aloès est originaire d’Afrique et a été introduit en Amérique où il est cultivé depuis quelques années pour l’utilisation du « gel ».

Tradition

L’aloé est utilisé depuis toujours dans les pays chauds, on trouve les premières traces de son usage thérapeutique chez les Sumériens, les Egyptiens, les Hindous, les Chinois, les Romains.

  • Au Yémen les feuilles d’aloès sont utilisées en cataplasme comme désinfectant, cicatrisant, hémostatique.
  • La médecine indienne lui attribue des propriétés anti-glycémiantes.
  • La médecine arabe décrit l’usage de l’aloès en topique contre les ulcères et tumeurs et pour consolider les fontanelles écartées des nourrissons.
  • En Europe, il était traditionnellement utilisé pour ses propriétés laxatives et pour son pouvoir hydratant et cicatrisant aussi bien au niveau de la peau qu’en interne. Mais il a fallu attendre les années 1930, pour que des chercheurs se penchent sur aloès et isolent ses principes actifs. Depuis de nombreuses recherches confirment les connaissances empiriques de l’aloès.

Partie utilisée : la feuille

La plante produit 2 substances différentes de composition et donc d’utilisations très différentes : le suc visqueux jaunâtre amer et la pulpe transparente

  • le suc ou latex d’Aloès : le suc est obtenu par incision de la feuille, ce suc aussi appelé latex est issu des vaisseaux conducteurs de la couche externe de la feuille, il est concentré et séché. Il est riche en hétérosides hydroxyanthracéniques, principalement l’aloïne ou barbaloïne, à petite dose il stimule la digestion, mais à forte dose il est laxatif et peut s’avérer toxique.

L’emploi doit donc être modéré, sous contrôle médical, car il peut entraîner des pertes de potassium et une paralysie des muscles intestinaux. Il est interdit aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes.

  • pulpe gélatineuse ou gel : mucilage obtenu en broyant les cellules de la partie centrale de la feuille.

Les principaux constituants du gel

  • Les polysaccharides dont le principal est l’acemannane responsables de l’effet régénérant
  • Vitamines A, B1, B2, B3, B6, B9, acide folique, B12, C, E, choline,
  • Minéraux :calcium, phosphore, potassium, fer, sodium, chlore, manganèse, magnésium, cuivre, chrome, zinc, sélénium.
  • Enzymes dont certaines facilitent la digestion (cellulase, lipase, amylase, protéase phosphatase), et permettant une meilleure assimilation des nutriments.
  • Acides aminés dont 7 sur 8 acides aminés essentiels.
  • Des substances végétales secondaires : lignine, tanin, anthraquinones( aloine, aloé-émodine), acide salicylique, catéchines, saponines etc.

Comme souvent en phytothérapie, l’efficacité de la plante semble résider dans l’action synergique de tous ses constituants.

Propriétés du gel d’aloe vera

  • Puissant hydratant qui traverse les couches de la peau 3 à 4fois plus vite que l’eau.
  • Régénérateur tissulaire, favorise le processus de division cellulaire, accélère le processus de régénération des tissus lésés aussi bien en externe qu’en interne.
  • Effet immuno-stimulant. Renforce les défenses naturelles
  • Régulateur intestinal : il augmente la production d’enzymes digestives et de ce fait rééquilibre la flore intestinale. Il aide à évacuer les putréfactions et fermentations intestinales et améliore l’équilibre du PH gastro-intestinal.
  • Effet hypoglycémiant : réduit le taux de sucre dans le sang dans le cas de diabète non insulino-dépendant.

Traditionnellement utilisé

En interne :

    • Au niveau digestif : ballonnements, troubles digestifs de type colopathie, inflammation des muqueuses.
    • Diabète non insulino dépendant

Précautions d’emploi : il convient de surveiller sa glycémie et d’informer le médecin de la prise d’aloès de manière à ajuster la posologie de médicaments hypoglycémiants.

  • Baisse de l’immunité chez les personnes âgées ou convalescentes, états de fatigue physique ou intellectuelle

En externe :

  • C’est la plante des brûlures et des inflammations : brûlure, coup de soleil, radiothérapie, Inflammations oculaires …
  • Préserve la santé de la bouche et des gencives sous forme de gargarismes : gingivite, stomatite,
  • Dermatoses : psoriasis, acné, couperose, herpès génital, certaines formes d’eczéma
  • Toutes les cicatrisations lentes et difficiles : crevasses, gerçures, ampoules, écorchure, érythème fessier du nourrisson
  • Lésions musculaires, tendineuses

Cosmétique :

Une des propriétés du gel d’aloès est de multiplier par six, voir plus la production de fibroblastes, cellules productrices de collagène, on comprend donc l’intérêt d’une telle substance pour maintenir l’élasticité et la souplesse de la peau

L’aloé vera nourrit, régénère la peau et lutte contre le vieillissement.

Les garanties : comment choisir l’aloé vera

  • La concentration minimale doit être de 99,7%. Dosage en muccopolysacharides : il doit être compris entre 1200 et 1400 mg / l
  • Exigez les feuilles fraîches entières récoltées à la main, avec une extraction rapide pour éviter la contamination de la pulpe par la sève ou son oxydation et sa dénaturation, par une exposition excessive au soleil. La plante doit provenir d’une culture mixte
  • Exigez du bio de la plante au produit fini, sans résidu de pesticide, sans colorant, sans conservateur chimique.
  • La pulpe ne doit subir ni pasteurisation, ni congélation, ni reconstitution, ni hydratation, ni filtration chimique qui détruisent les éléments actifs.
  • Le produits fini ne doit pas contenir de dérivés anthracéniques c’est à dire des substances purgatives (le taux d’aloémodine à ne pas dépasser est de 4 ppm) substance aux effets mutagènes.
  • L’aloe vera sous forme de complément alimentaire doit être contrôlé pour vérifier l’absence de ces molécules indésirables.
  • Assurez-vous de la provenance et du sérieux du fabricant, beaucoup d’aloé vera sont falsifiés, dilué avec des additifs bon marché, vérifiez l’origine, la méthode d’obtention…
  • Des fabricants, pour éviter les coûts de main d’œuvre préfèrent broyer la feuille entière et éliminer les anthraquinones par filtration, ce qui n’est pas satisfaisant car d’autres principes actifs sont aussi éliminés.
  • D’autres utilisent de l’aloès déshydraté et reconstitué avec ajout d’une algue gélifiante.
  • La culture de l’aloès est très répandue en particulier en Amérique, les méthodes de conditionnement ne sont pas toutes les même et la qualité et la pureté de l’aloès peuvent varier étonnamment (même l’espèce peu être différente ) c’est le cas de certains produits vendus sous l’appellation 100 % pur.
  • Label : le label IASC ne garantit aucune teneur minimale en aloès.

Les jus et gels frais contiennent les principes actifs inaltérés et on les préférera aux produits concentrés, en poudre, secs ou à pulvériser. Pour optimiser les effets thérapeutiques de l’aloès, des produits purs seront plus utiles que des produits mélangés.

En conclusion

Le gel d’aloès doit figurer dans notre trousse de secours. Alors pourquoi de ne pas avoir sous la main un aloès, c’est une plante facile d’entretien et peu exigeante.

Au vu des nombreux compléments alimentaires à base d’aloé vendus sur la planète, il serait intéressant que les études cliniques et scientifiques soient élargies pour déterminer le moyen d’obtention de l’aloé permettant l’efficacité la plus large.

 

Bibliographie

  • Aloé vera – Tous les bienfaits pour votre santé et votre beauté – Eva Helle
  • Guérisseurs et plantes médicinales du Yémen – Jacques Fleurentin